Milan Barbitch : "Dans le basket tout peut aller très vite"

Interview de la pépite du basket français, Milan Barbitch.

Milan Barbitch : "Dans le basket tout peut aller très vite"

Baigné dans le basket depuis ses premiers pas, le jeune joueur du Paris Basketball est destiné à un grand avenir. Après sa montée en Pro A cette année, Milan est déjà annoncé pour la Draft NBA 2023. Autant vous dire qu'il en a sous le capot ! Betips est allé à sa rencontre pour découvrir son parcours et ses ambitions. Récit d'une pépite du basket français.

Betips : Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

M. Barbitch : Je m'appelle Milan Barbitch, j'ai 20 ans et je suis meneur au Paris Basketball. C'est un club jeune qui est en première division aujourd'hui.

B : Ton papa a fait du basket et ton grand père aussi. Tu es baigné dedans depuis tout petit. Est-ce que tu as toujours voulu devenir basketteur ?

M.B : Depuis tout petit, j'ai voulu devenir basketteur. J'ai essayé d'autres sports, mais le basket a toujours été ma priorité. J'ai toujours su que c'était fait pour moi. Actuellement, ma famille occupe un rôle de soutien dans ma carrière.

B : Parlons du présent, tu joues actuellement au Paris Basketball. C’est un club qui a été créé en 2018. Vous venez de monter en pro A. L’ascension est fulgurante. Comment tu vis ça ?

M.B : Je le vois comme une chance parce qu'on en apprend plus quand on monte, quand on vit une montée. C'est unique, ça n'arrive pas souvent, ça n'arrive pas à tout le monde non plus. Quand tu te retrouves en Pro A, en étant aussi jeune avec du temps de jeu, c'est rare aussi. Je vis une expérience qui va me permettre d'être meilleur que certains joueurs de mon âge. Tout ça me permet d'être en avance.

B : C’est quoi la différence entre la Pro A et la Pro B ? Le niveau ? Le physique ? Comment tu t’es adapté ?

M.B : Ce qui a changé, c'est surtout au niveau tactique. Les joueurs de Pro B sont moins dans la réflexion et plus dans le physique. Il y a moins de système et de stratégie. En Pro A, les joueurs sont techniquement meilleurs et plus intelligents dans le jeu. Tout change !

B : Vous êtes actuellement 15 ème de Pro A avec Paris. Comment tu décrirais la saison actuelle du Paris Basket ?

M.B : Pour l'instant, c'est compliqué. On apprend. Avant on ne connaissait pas, maintenant on connaît. Ça va être dur ! On doit impérativement gagner notre dernier match contre Levallois pour éviter de faire des calculs pour se maintenir.

B : Au club, il y a plusieurs anciens joueurs de NBA et des cadres français comme Amara Sy. Comment ça se passe dans le vestiaire ? Est-ce qu’ils te conseillent ? Est-ce que tu t’appuies sur eux ?

M.B : Franchement ça se passe super bien. Amara c'est un mec qui a énormément d'expérience et qui partage tous les jours. Je suis une éponge à côté de lui. J'essaye toujours de prendre des infos, d'apprendre. C'est un mec qui adore parler donc c'est super agréable d'être avec un gars comme ça. Il est comme un grand frère pour moi.

B : Comment on fait sa place dans un effectif autant expérimenté quand on a 20 ans ?

M.B : Quand tu es bon à l'entraînement, tout se passe naturellement. Je ne réfléchis pas trop. Tu fais ce que tu as à faire et quand tu le fais bien, il y a un certain respect qui se crée.

B : Tu as connu quelques blessures cette année. Est-ce que tu peux nous donner ton ressenti sur ta première saison en Pro A ?

M.B : Personnellement, je ne suis pas trop satisfait. J'ai super bien commencé mais la blessure a pas mal retardé ma progression. J'aurai pu faire quelque chose de beau sans la blessure. Mais j'ai voulu reprendre trop tôt et je me suis blessé à nouveau sur le même pied donc j'ai eu du mal à revenir.

B : Alors que tu viens juste de monter en Pro A, on parle déjà de toi comme un potentiel pick NBA. Ça ne va pas trop vite ?

M.B : Pour moi, ça vient super lentement. J’aurais voulu que ça aille plus vite, beaucoup plus vite ! Mon nom est apparu dans les mock draft NBA cette saison, mais pour l’instant rien de plus. Je continue de travailler en espérant que ça devienne réalité. Dans le basket, ça peut aller super vite et ça peut aussi aller dans l’autre sens. Les blessures sont un vrai danger, surtout en début de carrière.

B : Comment tu gères les attentes ? Tu ressens de la pression ?

M.B : Je ne me pose vraiment pas de question. Je ne réfléchis pas non plus. Je suis dans ma bulle. Je continue de travailler tous les jours. Après, oui je ressens des attentes mais pas de pression. Je prends du plaisir et je patiente. Si les choses doivent arriver, elles arriveront.

B : Tu comptes faire quoi l'année prochaine ? Rester en Europe ? Te présenter à la Draft ? Partir à l’étranger ?

M.B : Pour l'instant, je ne sais pas encore si je change de club ou pas. Je suis en fin de contrat cette année donc on verra. C'est encore trop tôt comme question. L'objectif ça serait de jouer et de me présenter à la Draft NBA, à la fin de la saison prochaine.

B : Tu as eu des contacts avec des clubs de Pro A pour l'année prochaine ?

M.B : J'ai eu pas mal de clubs qui m'ont contacté. Maintenant, j'attends de voir s'il y a une proposition de Paris. Pour l'instant, il n'y en a pas. Partir à l'étranger, ça pourrait être super intéressant. J'aimerais beaucoup faire une expérience à l'étranger.

B : Tu as été présélectionné en EDF. L’équipe de France c’est un objectif ?

M.B : C'est vraiment un objectif l'équipe de France. En plus, il y a bientôt les Jeux olympiques à Paris donc ça va être incroyable. C'est vraiment un rêve mais c'est encore trop tôt pour dire si j'y serai ou pas. En-tout-cas, je suis sur le chemin !

B : Tu penses avoir les armes pour t’imposer en NBA ?

M.B : Je pense, mais il faut que je passe des caps physiquement. J'ai besoin de prendre du poids et ça, ce n'est pas possible pendant une saison. En-tout-cas, si je vais en NBA, c'est pour avoir la certitude que je vais avoir une place quelque part. Je préfère attendre mon tour et patienter encore, plutôt que d'arriver trop tôt et de faire un aller-retour.

B : Tu es pour quelle équipe en NBA ?

M.B : J'ai une franchise de coeur, c'est Boston. J'ai commencé à regarder la NBA avec Boston et son Big 3 avec Allen, Garnett et Pierce. Sinon j'aime beaucoup regarder Dallas et Phoenix.

B : Si demain tu devais être drafté, quelle équipe serait la plus adaptée à ton profil ?

M.B : J'ai pas de franchise préférée pour jouer. Dans n'importe quelle équipe, je serai heureux. Mais après, pour un environnement plus favorable, je dirai Miami. Ils ont énormément de joueurs qui ne sont pas draftés dans leur effectif. Au niveau du style de jeu, j'aime beaucoup les Spurs et Dallas. Je pense qu'il faut aussi voir qu'il n'y a pas énormément d'équipes qui sont intéressées par les étrangers. Miami ça m'irait bien !

B : Est-ce que tu as un joueur préféré en NBA ? Tu t’inspires de lui en quoi ?

M.B : En ce moment, je regarde beaucoup Luka Doncic. Après, je m'inspire d'un peu tous les joueurs, pas forcément à mon poste.

B : Maintenant, c’est quoi tes objectifs ?

M.B : Déjà le parcours idéal ça serait qu'on gagne le prochain match, ça nous assurerait de rester en Betclic Elite. Après que ça soit avec Paris Basket ou un autre club, ça serait de jouer pour qu'à la fin de la saison prochaine, je me présente à la Draft.

B : Malheureusement, tu ne peux pas parier en tant que joueur pro. C’est quoi ton conseil pour ne pas se louper sur ses paris de basket ?

M.B : Je ne suis pas le mieux placé pour en parler parce que je n’ai jamais parié et je ne compte pas parier, c’est interdit pour un joueur pro. Mais mon conseil, ça serait de regarder tous les articles qui suivent les équipes au jour le jour. Il faut éviter de suivre les articles trop éloignés des équipes. Les articles qui donnent des chiffres et suivent précisément la forme des joueurs, ce sont les meilleurs.

La saison du Paris Basket n'est pas idéale. Les novices de la Betclic Elite sont 15 ème. Pour s'assurer le maintien, l'équipe doit gagner son dernier match contre Boulogne-Levallois (3 ème du championnat). Vous l'aurez compris, le match de ce mardi 17 mai, s'annonce sous très haute tension. La défaite ne sera pas forcément synonyme de descente mais le scénario se compliquerait fortement. Dans le pire des cas, le Paris Basket devra croiser les doigts pour espérer l'échec de ses poursuivants. Faites nous rêver, Betips est derrière vous !